La Lettre de l'AFC
N°56, octobre 1996
Points de Bibliographie

Commentaires d'Ouvrages

Commentaires d'Ouvrages
Collectif,
Recherches en contrôle de gestion ,
Economica, Paris, 1996, 301 p.
Collectif,
La performance économique en entreprise ,
Hermès, Paris, 1996, 222 p.
CORIAT (B.) et WEINSTEIN (O.),
Les nouvelles théories de l'entreprise ,
Livre de Poche, 1995, 218 p.
PIERRAT (C.) et MARTORY (B.), 
La gestion de l'immatériel
Nathan, 1996, 284 p.
 
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Collectif 
Collectif 
Recherches en contrôle de gestion 
La performance économique en entreprise 
Economica, Paris, 1996, 301 p. 
Hermès, Paris, 1996, 222 p. 
Bien que différents dans l'esprit et dans le choix des auteurs, ces deux ouvrages collectifs ont en points communs de traiter du contrôle de gestion dans ses aspects à la fois novateurs et innovateurs. Le premier est un recueil d'articles de recherche sur le contrôle de gestion rassemblés par M. Gervais. Ceux-ci traitent de sujets très différents, même s'ils sont rassemblés en trois thématiques : aspects comptables et budgétaires, contrôle et comportements humains, contrôle de gestion et systèmes d'information. Le grand intérêt de ces articles est au minimum de montrer la vitalité de la recherche en contrôle de gestion, à laquelle il est reproché à l'heure actuelle de ne pas s'inscrire dans un cadre formel à l'instar de la comptabilité financière (quoique l'on puisse s'interroger sur le statut actuel de cette dernière dans les sciences de gestion). Pour des raisons de concision, je ne me livrerai pas à une analyse approfondie de chaque article, mais il convient de relever la variété des directions de recherche, et le fait qu'elles empruntent à des méthodologies très différentes (pragmatique, mais aussi très mathématique ou statistique, exploratoire ou spéculative). On notera par ailleurs que nous sommes loin avec ces articles, de la conception traditionnelle et dépassée du contrôle de gestion réduit au contrôle budgétaire. Si certaines recherches continuent dans une voie traditionnelle, de tenter d'améliorer la maîtrise des coûts dans le remue-ménage oganisationnel que connaissent les entreprises, d'autres tentent d'intégrer dans le contrôle la réflexion sur les motivations des indidus, et la façon d'influer sur le comportement global de l'organisation. Quelques unes enfin, prennent en compte le facteur technologique dans la problématique du renouvellement du contrôle.  

L'ouvrage consacré à la performance et coordonné par J.-H. Jacot et J.-P. Micaelli est moins un ouvrage de recherche que de synthèse sur nombre de nouveautés techniques ou organisationnelles que connaît le contrôle de gestion à l'heure actuelle. Écrit par des spécialistes de disciplines diverses (on note ainsi la participation de P.-L. Bescos ou de P. Mévellec, mais aussi celles d'A. D'Iribarne ou D. Babusiaux, pour ne citer que quelques-uns parmi d'autres), l'ouvrage se veut centré autour de la performance, mais il touche en réalité à plusieurs domaines : il va des techniques de contrôle jusqu'aux méthodologies de choix d'investissement. Il présente plusieurs intérêts : il fait ainsi le point (sans oublier de poser les problématiques) sur des sujets actuels (comme l'article de P. Mévellec sur les coûts par activités ou celui de J. Perrin sur les choix d'investissement) ; il présente des instruments tels que le target costing ou le kaizen costing (P.-L. Bescos), la valeur ajoutée directe (P.-L. Brodier), ou encore il tente de faire des propositions, comme c'est le cas en matière de processus d'innovation (J.-L. Perrin). Il s'agit par conséquent d'un livre précieux, car fort utile et il mérite d'autant plus d'être signalé que les éditions Hermès sont relativement confidentielles dans le domaine de la gestion.

CORIAT (B.) et WEINSTEIN (O.),
Les nouvelles théories de l'entreprise ,
Livre de Poche, 1995, 218 p.
PIERRAT (C.) et MARTORY (B.), 
La gestion de l'immatériel
Nathan, 1996, 284 p.
 
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CORIAT (B.) et WEINSTEIN (O.) 
Les nouvelles théories de l'entreprise
Livre de Poche, 1995, 218 p.
 
Quoique datant de l'année dernière, ce petit ouvrage mérite amplement d'être connu. Rédigé par des économistes, il présente les nouvelle théories de l'entreprise dans la perspective critique des modèles économiques traditionnels, lui donnant ainsi une relative unité. Relativement simple d'abord, il se lit aisément. Il s'ouvre sur un premier chapitre qui met en évidence les paradoxes de la théorie économique néo-classique, laquelle place la firme au c¦ur de la théorie, mais sans s'intéresser à son fonctionnement intrinsèque. On sait que Simon en particulier, remettra en cause ce modèle grâce à son apport sur la notion de rationalité limitée. Les behavioristes et les premiers « gestionnaires », par la voix de Chandler, achèveront d'ébranler le paradigme néoclassique. Dans la continuité, le deuxième chapitre présente les contributions déterminantes de Coase puis Williamson qui tentent d'expliquer l'existence de la firme, censée remplacer le marché lorsque celui-ci se révèle inefficient. Ils introduisent à cette fin le concept de coûts de transaction. Ce chapitre est logiquement suivi d'une présentation des droits de propriété et de la théorie de l'agence, à la fois synthétique et claire par son style très littéraire. À ce point de l'ouvrage, on retrouve donc l'essentiel généralement présenté dans d'autres livres consacrés à ces sujets. L'intérêt de cet opuscule est d'aller plus loin en présentant trois chapitres supplémentaires, le premier sur la notion de « firme évolutionniste », le second sur la firme « J » d'Aoki et le troisième sur la fime dans la théorie de la régulation. Le premier tente de montrer qu'il existe une théorie évolutioniste de la firme, fondée sur une approche relativement biologique du système économique. Le deuxième fait le point sur les développements auxquels donnent lieu les spécificités de la firme japonaise, relativement à celles de la firme américaine. S'inscrivant dans une logique évolutioniste, telle que celle décrite au chapitre précédent, l'intérêt de l'approche d'Aoki est de développer, à partir des antagonismes entre les modèles de la firme japonaise et américaine, une théorie de la firme qui soit plus générale. Le dernier chapitre revient sur des préoccupations plus « économistes » en tentant d'établir une synthèse entre certains des courants présentés et le cadre de la théorie de la régulation. Suite à ce chapitre ponctué d'hypothèses et d'interrogations, l'on ne sera guère surpris de voir l'ouvrage se conclure sur une proposition de programme de recherche. Par sa densité et son caractère synthétique, l'ouvrage de B. Coriat et O. Weinstein constitue ainsi un bon manuel, qui pourrait être destiné par exemple, à des candidats préparant l'agrégation ou des étudiants de DEA comme introduction aux théories de la firme.
Collectif,
Recherches en contrôle de gestion ,
Economica, Paris, 1996, 301 p.
Collectif,
La performance économique en entreprise ,
Hermès, Paris, 1996, 222 p.
PIERRAT (C.) et MARTORY (B.), 
La gestion de l'immatériel ,
Nathan, 1996, 284 p.
 
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PIERRAT (C.) et MARTORY (B.)
La gestion de l'immatériel
Nathan, 1996, 284 p.
 
Alors que la question est très actuelle, les ouvrages sur l'immatériel sont relativement rares et ils méritent donc, au moins à ce titre, d'être signalés. L'ouvrage de C. Pierrat et B. Martory vient en particulier combler un vide relatif posé par le problème de la gestion et du pilotage de l'investissement immatériel. De manière didactique, la première partie s'ouvre sur trois chapitres qui évoquent d'abord, le concept d'immatériel ; ensuite, le problème de la rentabilité des investissements et plus spécifiquement celle des immatériels ; enfin, le choix des indicateurs d'évaluation et de contrôle. Le quatrième chapitre, en synthèse, propose un panel des différentes techniques d'évaluation de l'investissement immatériel. La seconde partie est entièrement consacrée au pilotage de l'immatériel. Le chapitre cinq évoque ainsi les processus de pilotage de l'immatériel et les particularités de ce dernier. Il est suivi d'un chapitre pratique dont l'objet est de préciser les outils de contrôle de l'immatériel (valeurs, performances et définition de tableaux de bord) et débouche, dans le chapitre 7, sur l'aboutissement formel en quelque sorte du contrôle, qui en est l'enregistrement comptable. On notera avec un intérêt tout particulier qu'un chapitre entier est consacré à deux exemples de mise en ¦uvre des outils de gestion de l'immatériel. Ce dernier chapitre donne la tonalité à l'ouvrage qui se veut très pragmatique. C. Pierrat est un spécialiste de l'évaluation et l'on sent le désir de mettre en ¦uvre les outils, tandis que B. Martory s'attache aux problèmes plus qualitatifs d'audit de l'immatériel ou plus généralement des outils de contrôle. Ceci n'exclut évidemment pas l'analyse et la réflexion conceptuelles, incontournables dans ce champ complexe qu'est celui de l'intelligence. C. Pierrat et B. Martory s'attaquent ainsi de front aux problèmes de définition, de classification ou de comptabilisation et n'hésitent pas à effectuer des choix. Naturellement, en tant que tel, un choix est rarement exempt de critiques, mais il a le mérite de poser le problème clairement. L'on abordera donc cet ouvrage avec intérêt. 
Collectif,
Recherches en contrôle de gestion ,
Economica, Paris, 1996, 301 p.
Collectif,
La performance économique en entreprise ,
Hermès, Paris, 1996, 222 p.
CORIAT (B.) et WEINSTEIN (O.),
Les nouvelles théories de l'entreprise ,
Livre de Poche, 1995, 218 p.
 
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